In the last week of May 2013, a series of mass demonstrations began in Taksim Square, Istanbul, and quickly spread all over Turkey. The demonstrations were initiated by a group declaring their opposition to the removal of some trees as part of an urban modernization project in the city centre. A severe security intervention triggered massive reactions from residents of Istanbul and, later, other Turkish cities: shortly after this intervention, an estimated 2.5 million people joined the demonstrations nationwide. Sustained in its most active form for nearly a month, the demonstrations left behind several deaths, many injuries, and inestimable property damage. Known as the “Gezi events,” they had a tsunami effect on Turkish politics, reshaping the political networks, redesigning ideological positions, and disorganizing the political agenda. This article focuses on the politics of Gezi protests in relation to the Nationalist Action Party (Milliyetçi Hareket Partisi, MHP), one of three opposition parties in the Turkish Grand National Assembly. Founded more than 50 years ago, the MHP is known for its far-right nationalist views. Unlike the main opposition party, the Republican People's Party (Cumhuriyet Halk Partisi, CHP), the MHP did not exploit the Gezi protests against the ruling Justice and Development Party (Adalet ve Kalkınma Partisi, AKP). The authors analyze the MHP's discourses and actions regarding the Gezi protests and conclude that, more than ever, the Kurdish question is the key battleground for the MHP, and that since the 1990s the MHP has successfully transformed nationalist reactions to the Kurdish question into political fuel.

Durant la dernière semaine de mai 2013, une série de manifestations de masse s'est déroulée sur la place Taksim à Istanbul, et s'est rapidement répandue dans toute la Turquie. Les manifestations ont été initiées par un groupe s'opposant à la l'abattage d'arbres prévu dans le cadre d'un projet de modernisation urbaine dans le centre-ville. Une opération sécuritaire d'envergure a déclenché une réponse massive des résidents d'Istanbul et, plus tard, dans d'autres villes Turques. Peu de temps après cette intervention, environ 2,5 millions de personnes au plan national auraient rejoint les manifestations. Durant près d'un mois, durant sa période la plus active, les manifestations ont fait plusieurs morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels considérables. Mieux connu maintenant sous le nom des « événements de Gezi », ils ont eu un effet dévastateur sur la politique Turque, provoquant le remodelage des réseaux politiques, la refonte des positions idéologiques et la désorganisation des priorités politiques. Cet article examine la politique des protestations de Gezi par rapport aux positions du Parti d'action nationaliste (Milliyetçi Hareket Partisi, MHP), l'un des trois partis d'opposition à l'Assemblée nationale Turque. Fondée il y a plus de 50 ans, le MHP est connu pour ses vues nationalistes d'extrême-droite. Contrairement au principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (Cumhuriyet Halk Partisi, CHP), le MHP n'exploita pas les protestations contre le parti au pouvoir, le Parti pour la justice et le développement (Adaletve Kalkınma Partisi, AKP). Les auteurs analysent les discours et les actions du MHP concernant les protestations de Gezi et concluent que, plus que jamais, la question Kurde est le champ de bataille central pour le MHP, et que depuis les années 1990, le MHP a transformé avec succès les réactions nationalistes à la question Kurde en avantages politiques.

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