Vivre sans contention : réflexions et recommandations d'un parent pour soutenir les personnes ayant une déficience intellectuelle qui sont à risque

Wilfred Beaudoin et Adam Moore

Au cours des dernières années, un mouvement important visant à réduire l'utilisation de mesures de contention chez les personnes ayant une déficience intellectuelle a eu lieu. Les politiques locales et nationales se chargent de s'occuper de la façon dont notre culture soutient les personnes, qui jusqu'à maintenant, ont souvent été traitées de façon punitive plutôt que d'une façon véritablement soutenante d'un point de vue thérapeutique. Les écoles et les centres de soins ont de la difficulté à identifier des stratégies qui offrent des résultats plus positifs auprès de toutes les personnes, même celles manifestant des troubles du comportement. Cet article fait état des réflexions et des recommandations d'un parent ayant vécu les conséquences des mesures de contention de son fils. Les recommandations visent à interpeller les gestionnaires, les écoles et les donneurs de soin. L'intention n'est pas de blâmer, mais plutôt de réfléchir à partir d'expériences vécues et de partager certaines stratégies qui ont fonctionné. Bien qu'une grande partie de ce qui est recommandé ne soit pas nouveau, il est souhaité que cet article fournisse une nouvelle façon de comprendre certains des facteurs contribuant à l'utilisation des mesures de contention, en plus de fournir des suggestions qui adressent de façon proactive ces facteurs.

Minimiser la contention et l'isolement dans les écoles : une réponse à Beaudoin et Moore

Virginia L. Walker et Sarah E. Pinkelman

Des efforts accrus ont été déployés dans le domaine de l'éducation spécialisée pour identifier des pratiques positives fondées sur des données probantes afin de répondre aux besoins des élèves qui présentent un trouble du comportement ; l'objectif principal étant d'éliminer ou de limiter l'utilisation de mesures de contrôle telles que la contention et l'isolement (Snell et Walker, 2014). Divers intervenants, y compris les familles et les personnes elles-mêmes, ont exprimé des préoccupations au sujet des dangers de la contention et de l'isolement, et du manque de protection accordée aux élèves qui présentent des troubles graves du comportement. Dans un article précédent paru dans Intellectual and Developmental Disabilities, Beaudoin et Moore (2018) font écho à ces préoccupations dans leur compte rendu de l'expérience d'une famille avec la contention, du point de vue d'un père dont le fils était soumis à des contentions, résultant à des conséquences négatives à court et à long terme qui ont affecté toute la famille. En réponse à Beaudoin et Moore, les auteures donnent aux lecteurs un bref aperçu de l'état actuel de l'utilisation de la contention et de l'isolement dans les milieux scolaires et des stratégies fondées sur des données probantes qui peuvent être utilisées pour gérer les troubles graves du comportement et pour réduire le besoin de mesures de contention et d'isolement. Pour les lecteurs intéressés à explorer plus en profondeur la contention et l'isolement, les auteures suggèrent un article récent de Trader et ses collègues (2017). Les auteures ont également présenté des lignes directrices sur la planification du soutien au comportement qui devraient être prises en compte par divers intervenants, comme les éducateurs travaillent à l'établissement d'environnements scolaires sécuritaires et favorables et qui répondent à un large éventail de besoins comportementaux des élèves.

Contentions, interventions restrictives et isolement des personnes ayant une déficience intellectuelle

Carli Friedman et Caitlin Crabb

La contention, les interventions restrictives et l'isolement sont des pratiques fortement contestées dont les preuves de leur efficacité sont non concluantes. Puisque l'utilisation de la contention et de l'isolement auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle (DI) est controversée et que son efficacité est remise en doute, cette étude a été menée pour explorer si et comment ces pratiques étaient autorisées dans les allocations Medicaid HCBS 1915 (c), les plus grands fournisseurs de soutien et de soins de longue durée pour les personnes ayant une DI. Pour ce faire, les documents pour l'année fiscale 2015 provenant de 111 allocations pour les personnes ayant une DI à travers le pays ont été examinés pour déterminer si les États autorisent les mesures de contention, les interventions restrictives et l'isolement, et de quelle façon. Les résultats ont révélé qu'une majorité écrasante des allocations permettaient l'utilisation de la contention (78,4 %) et des interventions restrictives (75,7 %). Une proportion plus faible (24,3 %) a permis l'utilisation de l'isolement.

Choix et prise de décision dans les relations familiales : l'expérience vécue par des adultes ayant une déficience intellectuelle

Bernadette Curryer, Roger J. Stancliffe, Angela Dew et Michele Y. Wiese

L'augmentation de la possibilité de faire des choix et de prendre des décisions est une force motrice de la politique actuelle du handicap en Australie pour les personnes ayant un handicap et pour leurs familles. Pourtant, il y a peu de connaissances sur la façon dont les adultes ayant une déficience intellectuelle (DI) expérimentent la notion de choix et de prise de décision dans leurs relations familiales. Les auteurs ont utilisé une analyse phénoménologique interprétative des entretiens individuels semi-structurés menés auprès de 8 adultes australiens ayant une DI pour comprendre la signification donnée à leur expérience de soutien familial reçu autour du choix et de la prise de décision. Trois thèmes ont été identifiés : (1) la centralité de la famille, (2) l'expérience de l'autodétermination, et (3) les limites de faire des choix et de prendre des décisions. Les participants ont identifié des membres de leur famille en qui ils ont confiance et auprès desquels des conseils sur leur choix et leur prise de décision ont été sollicités et reçus, impliquant souvent une prise de décision mutuelle et des limites dans la prise de décision.

Évaluer la confiance des praticiens australiens en santé mentale dans la prestation de thérapie chez les personnes ayant une déficience intellectuelle

Anastasia Hronis, Lynette Roberts et Ian Kneebone

La recherche soutient l'utilisation de thérapies psychologiques chez les personnes ayant une déficience intellectuelle (DI) légère à modérée. Une barrière dans l'accès aux services psychologiques chez les personnes ayant une DI est la confiance des professionnels en santé mentale. Cet article explore la confiance des cliniciens australiens à offrir de la thérapie aux personnes ayant une DI. Cent cinquante-deux psychologues et conseillers en Australie ont rempli un sondage explorant leur confiance qu'ils estiment avoir lorsqu'ils travaillent avec des clients qui ont une DI et des problèmes de santé mentale. Les cliniciens étaient plus confiants avec les compétences liées aux conseils généraux, mais moins confiants avec les éléments liés à l'évaluation et l'intervention. L'utilisation de protocoles de traitement a été jugée utile, en particulier chez les cliniciens peu confiants. Ces résultats soulèvent la nécessité de diffuser des guides de traitement et de formation pour aider à accroître la confiance chez les cliniciens.

La traduction des résumés en français a été coordonnée par « AAIDD Chapitre Québec » avec la collaboration de Caroline Faust, Amélie Terroux, Karen Rutt, Carole Légaré, Marie-Josée Leclerc et Diane Morin.

AAIDD Quebec Chapter” has coordinated the French translation of the abstracts in collaboration with Caroline Faust, Amélie Terroux, Karen Rutt, Carole Légaré, Marie-Josée Leclerc, and Diane Morin.