L’importance économique et sociale des forêts de protection est reconnue comme prioritaire sur le plan suisse. Des périodes de sécheresse plus fréquentes à basse altitude pourraient toutefois entraîner à l’avenir des pertes temporaires de l’effet protecteur. A l’aide de l’exemple concret d’une forêt protectrice au-dessus de Martigny, une modélisation dynamique de ce massif forestier associée à une analyse quantitative des risques a été réalisée. Cet article présente les effets modélisés du changement climatique sur la fonction de protection de la forêt contre les chutes de pierres. Il intègre aussi les expériences pratiques de la gestion de ce massif forestier durant ces 40 dernières années. En effet, de fortes interventions y ont été réalisées pour éviter la présence de hêtres de gros diamètre et introduire un rajeunissement avec un mélange varié d’essences. Le modèle prévoit une nette diminution de la surface terrière avec une disparition progressive du hêtre au profit du chêne pubescent, de feuillus divers et du pin sylvestre. Selon la simulation, le risque de chutes de pierre devrait doubler d’après le scénario modéré et presque tripler d’après le scénario extrême d’ici 150 ans. Les résultats fournis par le modèle incitent à continuer à rajeunir le versant par ouvertures en fente et à favoriser la présence des feuillus. Cependant, l’intensité des interventions devrait diminuer d’ici 50 ans avec la baisse de l’accroissement et de la surface terrière. Il reste difficile de prévoir dans quelle proportion les effets de la baisse de la surface terrière seront partiellement compensés par l’évolution du mélange des essences avec une grande densité de tiges de petits diamètres et une forte présence de buissons. A notre avis, des interventions encore plus ciblées sur un mélange d’essences résistantes devraient diminuer l’effet négatif lié à l’augmentation de périodes de sécheresse.

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